L’art du Taiji
Près d’un lac, dans un parc, au milieu des arbres, des silhouettes évoluent ensemble, au ralenti, dans la brume du petit matin.
Que ce soit en Chine, à Taiwan où j’ai vécu pendant 4 ans, dans un square à Paris ou dans un parc en Bretagne, il n’est plus surprenant, de nos jours, d’apercevoir ces mêmes silhouettes, faisant ces mouvements lents, en une même communion de concentration, de calme et surtout, de sérénité.
Nombreux sont ceux qui de nos jours, se tournent vers le taichi chuan.

Mais, d’abord, qu’est ce que le Taichi Chuan ?
Taichi Chuan signifie “le Poing Ultime”. Il s’agit avant tout d’un style d’art martial chinois basé sur le principe du Yin et du Yang, qui régularise la circulation de l’énergie (le Qi) interne. Il se pratique d’une facon lente, en privilégiant le relâchement musculaire et la souplesse, la respiration, la concentration et la méditation.
Pour la petite histoire :
La légende dit que le moine taoiste Chang San-Feng (1247-1447) quitta le Monastère de Shaolin afin de finaliser sa retraite dans les montagnes près de Wu-dang. Durant une période de méditation intense, il assista au combat d’un serpent et d’une grue. A l’occasion de ce combat, il observa la façon dont la souplesse et la flexibilité du serpent arrivait à neutraliser les assauts de la grue, malgré le bec aiguisé de l’oiseau. Toutefois, la rapidité du serpent ne pouvait venir à bout des mouvements subtils de la grue. Dès lors, les principes du Yin et du Yang, principes fondamentaux du Taichi chuan, apparurent evidents au moine Chang San-Feng et de ce combat est né l’art du Taichi chuan.
Apres avoir assisté à cette bataille, il transforma la forme des moines Shaolin en une forme plus douce : apprendre à absorber les mouvements de l’adversaire pour s’en servir contre lui.
Les enseignements de Chang San-Feng furent transmis de disciplines en disciples pour finalement etre developpés par la famille Chen.
Durant tout le 15eme siècle, la famille Chen développa sa propre forme de Taichi chuan et en garda jalousement le secret. Au 19ème siècle, un de leurs domestiques du nom de Yang Lu-Chan étudia secrètement en épiant la famille Chen pratiquer leur taichi chuan. Il fut finalement decouvert et fut autorisé à continuer son entrainement avec eux.
Yang s’installa plus tard à Beijing afin d’enseigner un style plus personnel, et fut fréquemment l’objet de défits de la part d’autres maitres de Kung Fu. Du fait de son invincibilité, il fut surnommé Yang, “l’Invincible” (”Toujours Victorieux”).
Il fit du Style “Yang” la forme de taichi chuan la plus repandue au monde.
Me Wang Yen-nien, dont j’ai suivi l’enseignement, appartient à la 4eme génération du style Taichi chuan, Yangjia Michuan. Tous les élèves qu’il a formés, de par le monde, appartiennent à la cinquième génération.
De nos jours :
Il n’est plus question de nos jours de pratiquer le taichi chuan, jour et nuit, été comme hiver, ainsi que l’on fait les anciens maitres de taichi chuan.
En Chine et ailleurs, le taichi chuan est devenu une facon agréable d’entretenir sa santé, au quotidien, seul ou en groupe, dans un cadre naturel ou convivial.
S’adressant à toutes les personnes de tous âges et de toutes conditions physiques, il s’agit avant tout de pratiquer des enchainements de mouvements continus, circulaires, lents, relachés, doux, fluides.
En nous permettant de relâcher nos tensions, le taichi chuan nous aide à developper la flexibilité de nos membres, la coordination de nos mouvements, notre balance énergétique et notre capacité de concentration, nous apportant ainsi harmonie et équilibre de l’esprit et du corps.
